Il y a six mois, j’ai utilisé le mot « blockchain » lors d’une réunion et la moitié des personnes présentes dans la salle ont promptement sorti leur carnet pour écrire ce mot suivi de plusieurs points d’interrogation. Aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que soit annoncée une nouvelle conférence sur la blockchain (journal de transactions) et nombre de nos clients nous appellent pour comprendre s’il s’agit d’un domaine sur lequel ils doivent s’informer.   Désormais, les hashtags tels que #fintech et #insurtech apparaissent régulièrement à côté de #blockchain sur Twitter et LinkedIn.

Il ne s’agit pas de savoir qui sont les nouvelles licornes et start-up qui tentent de transformer les assurances, mais plutôt ce qu’elles font et comment elles le font. Beaucoup de gens pensent que la blockchain va radicalement changer notre monde, mais est-ce vraiment le nouvel Internet ?

Ce n’est certainement pas le remède miracle qui résoudra tous les problèmes des secteurs des assurances et de la banque, mais elle peut potentiellement corriger nombre de leurs inefficacités.

La blockchain accroît la transparence grâce à des pistes d’audit immuables et une efficacité des processus auto-exécutés.

Qu’est-ce que la blockchain ?

La blockchain est une technologie de diffusion d’un journal de transactions numériques. Elle offre une transparence totale en enregistrant les transactions entre les utilisateurs, généralement des ordinateurs en réseau décentralisé, sur un support protégé de toute modification. C’est une tour de briques de Lego numériques partagée, incassable et infinie qui est copiée sur l’ordinateur de chaque utilisateur. Chaque brique comporte un enregistrement incorruptible d’une transaction ou d’un contrat. C’est une chaîne de blocs d’informations qui continue d’ajouter des maillons de chaîne pour chaque nouvelle transaction et qui ne peut pas être modifiée au niveau de son historique de transactions. Elle peut être utilisée comme livre comptable pour enregistrer les transactions qui transfèrent de la valeur. Pratiquement tout type de valeur. Des devises cryptographiques aux droits de propriété intellectuelle, des biens immobiliers aux diamants.

Pour que soit créé un nouveau bloc dans la chaîne, les transactions entre deux (ou plus) parties doivent être validées afin de s’assurer qu’elles sont véritables et authentiques, ce qui est généralement effectué par des « mineurs». Lorsque suffisamment de « mineurs » ont validé une transaction, elle s’intègre à la blockchain.

Qu’est-ce qui est « suffisant » et qui sont ces « mineurs » ? Cela dépend de la manière dont un système de blockchain définit son mécanisme de protocole. Il existe différents types de blockchain : privée ou publique, avec ou sans permission, et de (très) nombreux types de protocoles. Des généraux byzantins aux Rafts et Paxos (non, je ne parle pas de vacances en Grèce), lorsqu’on veut sérieusement aborder la blockchain, on commence à se demander dans quelle langue on parle.

Ceci est ma tentative de définir un ABC de la blockchain pour les assureurs en moins de 800 mots.